Les épisodes de fortes chaleurs se multiplient en France et entraînent une forte hausse des équipements de climatisation. Selon plusieurs études relayées par l’ADEME, la climatisation s’est rapidement diffusée dans les logements français ces dernières années. La part de logements équipés était estimée à environ 11 % en 2016, puis 14 % à la fin des années 2010, avant d’atteindre 22 % en 2019 et environ 25 % autour de 2020.
Cette progression rapide inquiète les pouvoirs publics car la climatisation augmente la consommation d’électricité et peut aggraver les émissions de gaz à effet de serre. Pour répondre à ces enjeux, plusieurs mesures réglementaires renforcent l’encadrement des climatiseurs en 2026, notamment sur leur installation, leur performance énergétique et leur utilisation.
Pourquoi l’État renforce la réglementation des climatiseurs ?
La réglementation sur les climatiseurs s’inscrit dans la stratégie française de transition énergétique.

Une consommation électrique en forte hausse
Les climatiseurs demandent beaucoup d’électricité, surtout lors des vagues de chaleur où la demande énergétique est déjà élevée.
En termes de consommation :
- Un ventilateur consomme généralement entre 30 et 70 W ;
- Un climatiseur mobile consomme souvent 1000 à 2500 W selon les modèles.
Cela signifie que pendant une heure de fonctionnement :
- Ventilateur : 0,03 à 0,07 kWh ;
- Climatiseur mobile : 1 à 2,5 kWh.
Cette consommation contribue à augmenter les pics de demande sur le réseau électrique pendant l’été.
Un impact sur le réchauffement climatique
Les systèmes de climatisation utilisent des fluides frigorigènes, qui peuvent être très polluants en cas de fuite.
Certains de ces gaz fluorés ont en effet un potentiel de réchauffement global très élevé : par exemple, le fluide R134a a un PRG d’environ 1 430, tandis que le R410A atteint environ 2 088, ce qui signifie que 1 kg rejeté dans l’atmosphère peut avoir le même impact climatique que plus de 2 tonnes de CO₂.
📦 Bon à savoir
L’Union européenne a renforcé la réglementation dite F-Gas, qui vise à réduire progressivement l’utilisation des gaz fluorés dans les équipements de refroidissement d’ici 2030.
Installation d’une climatisation en 2026 : quelles règles ?
Installer un climatiseur est possible, mais certaines règles doivent être respectées, notamment en immeuble collectif.
Autorisation en copropriété
Dans un appartement, l’installation d’une climatisation avec unité extérieure peut nécessiter une autorisation en assemblée générale.
En effet, le groupe extérieur peut :
- modifier l’aspect de la façade
- être fixé sur une partie commune
- générer des nuisances sonores
Dans ce cas, les copropriétaires doivent voter l’autorisation selon les règles de la copropriété définies par la loi du 10 juillet 1965, qui encadre la gestion des immeubles collectifs.
📦 Bon à savoir
Le règlement de copropriété peut parfois interdire totalement les groupes extérieurs visibles depuis la façade.
Autorisation d’urbanisme
Selon la configuration du bâtiment, une déclaration préalable de travaux peut être exigée, notamment lorsque l’installation modifie l’aspect extérieur du bâtiment.
Dans les zones protégées (secteur sauvegardé, monument historique), l’accord de l’Architecte des bâtiments de France peut également être requis.
Température minimale : la règle des 26 °C
La loi encadre aussi l’utilisation de la climatisation dans les bâtiments tertiaires et les lieux ouverts au public.
Le Code de l’énergie prévoit qu’un système de climatisation ne doit être mis en fonctionnement que lorsque la température intérieure dépasse 26 °C.
Cette règle vise à limiter les consommations d’électricité et à éviter les écarts trop importants entre intérieur et extérieur.
📦 Bon à savoir
Augmenter la température de chauffage de 1 °C peut entraîner en moyenne environ 7 % de consommation d’énergie en plus.
