En copropriété, un “blocage en AG” sur des travaux urgents peut vite devenir critique : la sécurité des occupants (et la responsabilité du syndicat) est en jeu. Heureusement, le droit prévoit plusieurs portes de sortie : action immédiate du syndic en cas d’urgence, “passerelles” de vote, convocation d’AG extraordinaire et, si nécessaire, voies judiciaires.
Comprendre ce qu’on appelle “travaux urgents”

Avant d’activer les bons leviers, il faut qualifier l’urgence (au sens juridique) et documenter la situation. Voici les cas typiques et les textes qui encadrent l’action.
Travaux urgents = sauvegarde de l’immeuble (urgence juridique)
Si l’inaction met en danger l’immeuble (ou les personnes), le syndic a un pouvoir (et un devoir) d’agir sans attendre un vote : il doit “faire procéder de sa propre initiative” aux travaux nécessaires à la sauvegarde.
Le syndic doit informer et convoquer immédiatement une AG
Même lorsqu’il agit seul, le syndic doit informer les copropriétaires et convoquer immédiatement une assemblée générale (souvent pour ratifier/financer/encadrer la suite).
Bon à savoir 💡
“Urgent” dans la vie courante (inconfort, esthétique, optimisation) ≠ “urgence” au sens des textes. Plus vous prouvez le risque (constat, rapport, photos, mise en sécurité), plus la décision est sécurisée.
Débloquer le vote quand l’AG n’atteint pas la majorité
Si les travaux ne relèvent pas d’une urgence permettant au syndic d’agir seul, ou si l’urgence porte surtout sur le financement / la décision structurante, l’objectif devient : faire passer la résolution malgré l’inertie.
Les “passerelles” de majorité pour éviter l’échec
Si une résolution soumise à la majorité de l’article 25 n’est pas adoptée, mais recueille au moins 1/3 des voix de tous les copropriétaires, l’AG peut procéder immédiatement à un second vote à la majorité de l’article 24.
Demander une AG extraordinaire (même si le syndic traîne)
La convocation d’une AG est “de droit” si elle est demandée :
- par le conseil syndical, ou
- par un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins 1/4 des voix (sauf seuil inférieur prévu au règlement).
Si le syndic n’agit pas, le président du conseil syndical peut convoquer après une mise en demeure restée infructueuse plus de 8 jours.
💡Bon à savoir
Depuis le 9 avril 2024, convocations, PV et mises en demeure sont en principe envoyés par voie électronique (avec possibilité de demander le papier).
