Dans le cadre de la copropriété, la question de la réalisation de travaux soulève souvent des débats et des interrogations, notamment en ce qui concerne l’obligation des copropriétaires à y participer. Le syndic peut-il obliger un copropriétaire à faire des travaux ? Qui doit s’acquitter du règlement lié aux chantiers ? Peut-on obliger un copropriétaire à payer même s’il a voté contre les travaux en assemblée générale ? Dans ce Vrai / Faux, Genius démêle les idées reçues.
L’assemblée générale ou le syndic peut obliger un copropriétaire à faire des travaux dans son logement

✅ Vrai pour certains travaux
Oui, certains travaux qui altèrent la structure de l’immeuble peuvent être imposés à un copropriétaire. C’est par exemple lorsqu’un sinistre intervient depuis une partie privative et endommage les parties communes. Ainsi, un dégât des eaux dans un logement qui abîme la structure de l’immeuble. Le copropriétaire doit donc faire jouer son assurance pour réaliser les travaux de réparation.
Bon à savoir 💡
Lors de travaux, le syndic peut imposer certains matériaux ou équipements en lien avec le règlement de copropriété. Par exemple, il peut s’agir de refaire la porte d’entrée en respectant le modèle mis en place dans les autres appartements..
S’il a voté contre les travaux, le copropriétaire n’est pas obligé de payer
❌ Faux
Non, les travaux votés en assemblée générale (AG) ou les travaux décidés en urgence, qui permettent de préserver l’intégrité des bâtiments de la copropriété, imputent à l’ensemble des copropriétaires.
Ainsi, si l’assemblée générale a décidé de mener un chantier dans le cadre de l’adoption du Plan Pluriannuel de Travaux (PPT), il n’est pas possible de s’en désolidariser.
La copropriété peut m’obliger à souscrire un prêt pour financer les travaux votés en AG
❌ Faux
Non, si le copropriétaire a l’obligation de régler les travaux votés en AG, le syndic ne peut pas imposer le recours au crédit bancaire. C’est ce qu’explique Émilie Allain, avocate et présidente de l’Association nationale de la Copropriété : « On ne peut pas forcer un copropriétaire à contracter un prêt pour régler sa part des travaux. Pour autant, ce copropriétaire se met en tort s’il refuse tout bonnement de payer ».
Si certains copropriétaires se trouvent en difficulté, ils peuvent demander à l’administrateur de biens un échelonnement des paiements. Pour ce faire, ils doivent :
- Voter contre les travaux en assemblée générale ;
- Formuler une demande d’étalement dans un délai de deux mois suite à la réception du PV d’assemblée générale.
S’il le veut, le syndic peut aiguiller les copropriétaires vers des solutions de financement avantageuses comme le « prêt travaux copropriété dégradées d’Action Logement ».
