Pour un syndic, la “contestation du PV” est surtout un risque juridique et opérationnel : suspension de travaux, contentieux, tensions, voire remise en cause d’une résolution. La bonne approche : sécuriser la convocation, la tenue de séance, la rédaction du PV et sa notification — car ce sont ces étapes qui déclenchent (ou rallongent) les délais de recours.
Comprendre ce qui est réellement contesté… et par qui

Avant de parler “PV”, identifiez le périmètre du risque. Les points ci-dessous structurent la majorité des dossiers.
On conteste une décision d’AG, pas juste un document
En pratique, le juge examine l’irrégularité d’une résolution (convocation, majorité, ordre du jour, etc.) telle qu’elle est retracée au PV.
Seuls certains copropriétaires peuvent agir
Les actions en contestation doivent être introduites par des copropriétaires opposants ou défaillants (et non “tout le monde”).
Délais clés : votre calendrier “anti-recours”
Cette partie sert de tableau de bord : ces chiffres sont ceux qui font gagner… ou perdre… un contentieux.
Convocation : 21 jours calendaires (sauf urgence)
La convocation doit être adressée au moins 21 jours calendaires avant l’AG (sauf urgence ou délai plus long au règlement).
Service-public précise que le non-respect même d’un seul jour peut conduire à une demande de nullité devant le tribunal (avec avocat).
Notification du PV : 1 mois (obligation du syndic)
La notification du PV (sans annexes) doit être faite par le syndic dans le mois suivant la tenue de l’AG.
Fenêtre de contestation : 2 mois… ou 5 ans si défaut de notification
- 2 mois à compter de la notification du PV (sans annexes).
- 5 ans si le syndic n’a pas notifié le PV.
💡Bon à savoir
Une notification tardive ou mal “tracée” (preuve de première présentation / LRE) peut rouvrir des discussions inutiles. Le réflexe : archiver systématiquement les preuves d’envoi.
Convocation : les points de contrôle qui évitent 80% des contestations
Voici une mini check-list “syndic” à dérouler avant envoi.
Sécuriser la forme d’envoi et le point de départ du délai
Pour un syndic, l’objectif est double : (1) choisir un mode d’envoi valable et (2) pouvoir prouver une “date certaine”, car c’est elle qui sert à calculer le délai de 21 jours calendaires avant l’AG.
1) Les 3 modes de notification admis pour la convocation (à privilégier selon votre organisation)
La convocation peut être notifiée par :
- LRAR (lettre recommandée avec avis de réception)
- LRE (lettre recommandée électronique)
- Remise contre récépissé ou émargement (remise en main propre)
2) Le point de départ du délai de 21 jours : les 3 règles à appliquer
- LRAR : le délai court à partir du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée.
- LRE : le délai court à partir du lendemain de l’envoi au destinataire, par le prestataire certifié, du courriel annonçant la LRE.
- Remise contre émargement : le délai court à la date de l’émargement (signature) du copropriétaire.
Verrouiller l’ordre du jour et les pièces annoncées
Chaque question doit être rédigée clairement et faire l’objet d’un vote séparé ; des justificatifs de charges doivent être consultables entre convocation et AG.
Ne pas oublier les contraintes “calendrier de gestion”
Pour une AG ordinaire, Service-public indique une convocation dans les 6 mois après le dernier jour de l’exercice comptable précédent.
💡 Bon à savoir
À partir du 9 avril 2024, convocations, PV et mises en demeure sont envoyés par voie électronique (les copropriétaires pouvant demander le postal).
