La réalisation d’un audit énergétique implique un certain formalisme et le suivi d’une méthodologie rigoureuse. En France, cohabitent les méthodes 3CL et Th-CE-Ex. Quelles différences entre ces deux modes de calcul ? Lequel choisir pour l’audit énergétique de sa copropriété ? Genius vous dit tout.
La méthode 3CL : pour les audits énergétiques réglementaires

Utilisée pour bâtir des audits énergétiques, la méthode 3CL « Calcul de Consommations Conventionnelles » est une méthode que l’on utilise déjà pour élaborer le diagnostic de performance énergétique (DPE) d’un bien, comme un DPE collectif, par exemple.
Elle prend en compte :
- La consommation d’énergie primaire annuelle : pour le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire (ECS), la climatisation ;
- Le climat local ;
- L’altitude ;
- La superficie des murs, du plafond et du plancher : cela permet de calculer les besoins en énergie du bâtiment.
- L’orientation des murs pour prendre en compte les apports en chaleur naturelle ;
- La présence de ponts thermiques, les zones de rupture d’étanchéité qui favorisent les échanges entre l’intérieur et l’extérieur.
- La superficie des ouvertures (fenêtres et portes).
- L’épaisseur du vitrage (simple, double ou triple)
- Les performances et l’année d’installation du système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire ;
- La présence de panneaux solaires en autoconsommation.
Dans le cadre de cette méthode, on suppose que le bien est occupé pendant 16 heures chaque jour de la semaine, c’est-à-dire de 18h à 10h le lendemain. Les week-ends, on considère que l’occupation est continue, soit 24 heures par jour. Pendant les vacances d’hiver, on estime que le bien est laissé inoccupé pendant une semaine entière. En été, durant les congés estivaux, l’inoccupation envisagée s’étend à deux semaines.
De la même manière, pour modéliser les résultats, on se base sur une température à l’intérieur du logement est maintenue à 19°C durant la journée et à 17°C pendant la nuit.
Enfin, la consommation en eau chaude sanitaire est calculée en prenant en compte la superficie habitable du logement ainsi que son taux d’occupation.
La méthode Th-CE-Ex
Plus précise, la méthode Th-CE-Ex était jusqu’à récemment utilisée pour les bâtiments souhaitant aller au-delà de la mise en conformité réglementaire. En copropriété, l’audit énergétique est incitatif mais essentiel pour planifier les travaux de rénovation. C’est pourquoi cette méthode, réputée pour sa précision, a longtemps été privilégiée.
Développée par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), la méthode Th-CE-Ex impose une analyse fine des consommations énergétiques, une description complète des équipements techniques, ainsi qu’une simulation rigoureuse de scénarios de rénovation. Elle tolère une marge d’erreur de seulement 5 %, contre 20 % pour la méthode 3CL.
Cependant, depuis le 1ᵉʳ octobre 2024, cette méthode n’est plus reconnue pour les audits. Désormais, seule la méthode 3CL est autorisée pour garantir l’harmonisation des évaluations dans le cadre du DPE collectif ou des démarches liées aux aides publiques.
Th-CE-Ex reste toutefois un excellent outil d’analyse pour les copropriétés souhaitant affiner leur stratégie de rénovation au-delà des exigences réglementaires. Elle permet de prioriser les postes de travaux, de modéliser plusieurs scénarios et d’évaluer précisément les économies attendues.
