Le gouvernement souhaite accélérer les rénovations énergétiques d’ampleur en 2026. Dans ce contexte, les principales aides à la rénovation vont connaître des évolutions. Quels sont les changements qui concernent les copropriétés ? Comment se préparer aux nouvelles réglementations en tant que syndic ? Découvrez dans cet article tout ce qu’il faut savoir sur le sujet pour préparer la nouvelle année !
Des aides à la rénovation énergétique en copropriété qui évoluent en 2026

Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2024, le gouvernement a alloué un budget total de 5 milliards d’euros destiné à financer la rénovation énergétique de 700 000 logements. Plus particulièrement, l’accent est mis sur les rénovations d’ampleur qui devront être au nombre de 200 000.
Cependant, depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, les aides de MaPrimeRénov’ ne financent plus l’installation de chaudières à gaz, conformément aux objectifs de décarbonation du secteur résidentiel. Toutefois, une période transitoire est prévue : les copropriétés ayant voté des travaux de rénovation globale incluant l’installation de chaudières gaz à condensation avant le 30 juin 2025 peuvent encore bénéficier des financements selon les conditions de 2024.
MaPrimeRénov’ copropriété : en bref
Pour rappel, MaPrimeRénov’ copropriété est une aide de l’Etat qui permet de financer une partie des travaux de rénovation réalisés dans les parties communes et les parties privatives déclarées d’intérêt collectif d’une copropriété. Elle est demandée par le syndic de copropriété et versée directement au syndicat de copropriétaires. Son obtention est conditionnée à de nombreux critères, parmi lesquels : la réalisation en amont d’un audit énergétique et le recours à une assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO).
Accélération des rénovations globales avec MaPrimeRénov’ copropriété depuis 2024
En juin 2023, le Conseil national de la refondation (CNR) avait dévoilé la nouvelle mouture de MaPrimeRénov’ 2024. Cette dernière est depuis divisée en 2 piliers :
- Performance : pour les rénovations globales permettant d’atteindre les étiquettes A, B, C du DPE ;
- Efficacité : pour les travaux monogestes tels que l’installation d’un système de chauffage décarboné.
Depuis 2024, MaPrimeRénov’ copropriété est intégrée au volet Performance. Objectif : accélérer les rénovations d’ampleur dans le résidentiel collectif.
Le 1ᵉʳ janvier 2024, l’Anah a publié le guide actualisé des aides à la rénovation. On voit apparaître notamment le Parcours Accompagné et les montants accordés dans le cadre de MPR Copropriété augmentent :
- MaPrimeRénov’ “classique” : aide à l’installation d’un système de chauffage et d’eau chaude sanitaire décarboné ;
- MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné : jusqu’à 80 % du montant des travaux pris en charge pour les ménages aux revenus très modestes si la rénovation permet d’atteindre un gain de 2 classes sur le DPE ;
- MaPrimeRénov’ Copropriété : prise en charge de 30 % du montant des travaux dans les parties communes pour les travaux permettant d’atteindre un gain énergétique d’au moins 35 %, et jusqu’à 45 % du montant des travaux pour un gain énergétique d’au moins 50 %.
- MaPrimeRénov’ Petite Copropriété : À partir de 2025, une aide spécifique a été mise en place pour soutenir les petites copropriétés en difficulté. Ce dispositif vise à financer des travaux de rénovation énergétique avec des montants et conditions adaptés à leur taille et aux ressources des copropriétaires.
Depuis 2024, certaines copropriétés (moins de 5 logements, en difficulté ou protégées pour leur architecture) deviennent éligibles aux aides de l’Anah.
Enfin, MaPrimeRénov’ Copropriétés est désormais cumulable avec l’éco-PTZ copropriété, un prêt à taux zéro pour la rénovation énergétique, avec des plafonds d’aide et une durée de remboursement rehaussés.
L’éco-prêt à taux zéro copropriété : rappel
Le syndic de copropriété peut souscrire un éco-prêt à taux zéro copropriété à la demande du syndicat de copropriétaires afin de financer des travaux de rénovation au sein des parties communes de l’immeuble. Seul un éco-PTZ copropriété est attribué par immeuble.
Seul un éco-PTZ copropriété est attribué par immeuble. Les plafonds attribués par le prêt en copropriété sont de 30 000 euros et doivent être remboursés sous 15 à 20 ans.
Toutefois, les copropriétaires peuvent faire une demande d’éco-PTZ individuel pour financer la rénovation de leur bien. Les plafonds attribués par ce prêt sont de 30 000 euros et doivent être remboursés sous 15 à 20 ans.
Un éco-PTZ collectif simplifié depuis 2024
Jusqu’à présent, l’éco-PTZ copropriété n’a pas rencontré un franc succès. Et pour cause : les procédures administratives étaient lourdes et rares étaient les banques à accorder ce prêt. Car dans les faits, l’éco-PTZ s’apparentait davantage à un prêt “individuel” que collectif. En effet, les copropriétaires n’étaient pas tous tenus d’y souscrire.
“En l’état le texte reste flou quant à la possibilité pour un copropriétaire de ne pas adhérer à ce prêt mais de choisir de financer sa quote-part de travaux soit par ses fonds personnels soit par un prêt individuel”, explique Etienne Dequirez, président de Plurience.
Depuis 2024, la souscription à l’éco-PTZ est simplifiée : elle est votée à la majorité des voix des copropriétaires, et non pas à l’unanimité ! Par ailleurs, le remboursement du prêt est inclus dans les charges de copropriétés. Résultat des courses : une meilleure solvabilité de la part des emprunteurs, des banques rassurées et un projet largement adopté.
