1,5 million de logements sont situés dans des copropriétés fragiles et dégradées en France. Afin de lutter contre ce fléau, un nouveau projet de loi a été voté le 27 mars 2024. Que contient-il ? Qu’est-ce qui change pour les copropriétés ? Et plus particulièrement en matière de rénovation ? Le point avec Genius !
Adoption du projet de loi contre l’habitat dégradé

Mercredi 27 mars 2024, l’Assemblée nationale et le Sénat ont voté à la quasi-unanimité en faveur du projet de loi “relatif à l’accélération et à la simplification de la rénovation de l’habitat dégradé et des grandes opérations d’aménagement.”
Pourquoi ce nouveau projet de loi contre l’habitat dégradé ?
Guillaume Kasbarian, ministre délégué chargé du Logement explique dans l’édito du dossier de presse consacré au projet de loi, qu’aujourd’hui, près d’une copropriété sur cinq est dans un état de fragilité.
Plusieurs explications possibles :
- le vieillissement et la dégradation des bâtiments résultant d’un mauvais entretien des parties communes ou de la nature même de passoire thermique de la copropriété ;
- la difficile prise de décision collective qui empêche la mise en place de travaux de rénovation efficaces ;
- des procédures d’intervention des pouvoirs publics fastidieux avec des délais très longs (jusqu’à 20 ans) ;
- ou encore la prolifération des marchands de sommeil, ces propriétaires qui louent des logements indignes à des prix prohibitifs aux foyers en situation de précarité énergétique.
Afin de protéger les occupants de ces copropriétés dégradées, notamment celles situées dans certains grands ensembles abandonnés ou anciens, un projet de loi a été voté en ce sens.
Bon à savoir
Le Plan Initiative Copropriétés (PIC) suit 684 copropriétés, représentant près de 90 000 logements accompagnés, d’après le dossier de presse ministériel du 8 juillet 2025.
Quelles sont les mesures du projet de loi contre l’habitat dégradé ?

Les mesures du projet de loi contre l’habitat dégradé permettent d’intervenir à trois grands moments charnières de la vie du bâtiment collectif :
- avant la dégradation du bâti : grâce à de la prévention en amont sur les risques liés à la dégradation et la simplification des interventions ;
- pendant la dégradation de l’habitat : accélération de la rénovation ou de la réhabilitation du bâtiment ;
- post réhabilitation : lutte continue contre les marchands de sommeil.
Les mesures concernent aussi bien les acteurs publics que les bailleurs sociaux et les opérateurs privés. Regardons de plus près les principaux points à retenir.